Conseil municipal du Havre du 21 novembre 2016 : DOB

Lors de la délibération concernant le débat d’orientation budgétaire, Muriel De Vriese, au nom de notre groupe « Pour Une Nouvelle Gauche au Havre », a dénoncé le mécanisme qui vise à comprimer toujours plus les dépenses de fonctionnement, à augmenter le taux d’endettement (Ville + CODAH) par Havrais, pour investir dans des projets dont nous n’avons ni le besoin, ni les moyens :

Mr Le Maire,

Il y a beaucoup à dire. Et comme vous vous en doutez, nous sommes en désaccord avec les orientations budgétaires que vous nous proposées ici, et ce pour de nombreuses raisons :

  • D’abord parce que le raisonnement proposé est illogique. En effet, face à la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales poursuivie par le Gouvernement actuel, mais que vous critiquez pourtant, on comprend la difficulté des collectivités territoriales pour financer leur activité. Pourtant, il me semble que ce que propose la droite pour les prochaines élections, et que vous défendez, est bien pire encore. Encore et toujours de l’austérité, plus haut, plus fort, pour résorber la dette et le déficit public, afin de respecter les sacrosaints critères du pacte de stabilité européen.
  • Ce que vous proposez ici, Mr le Maire, est pire, voire contradictoire : non seulement, vous proposez une baisse des dépenses de fonctionnement, mais aussi, une augmentation des impôts (indirects et locaux), et, parallèlement une augmentation de l’endettement ! Où est la logique ? Quel est l’objectif ? Quelle est la contrepartie pour les Havrais ? En bref, vous proposez de rendre plus difficile la vie des Havrais, au quotidien, pour financer vos projets d’investissements. C’est en ce sens que nous nous opposons à la baisse de presque 5% des « activités des services municipaux », c’est-à-dire des services à destination des Havrais,  et à la réduction de presque 2% des « subventions, participations, contingent ». A l’heure où le vivre-ensemble est mis à mal, la place des services publics et des associations devrait être renforcée. Ce n’est pas le cas ici, malheureusement …et c’est très regrettable !
  • Parlons maintenant de l’endettement, cet endettement public. S’il parait raisonnable pour la ville du Havre, quoique grandissant, j’aimerais que vous nous parliez du taux d’endettement par Havrais en prenant en compte à la fois la dette de la ville du Havre et la dette de la CODAH. En effet, nous connaissons votre propension à transférer la dette de la ville sur les comptes de la communauté d’agglomération, ce qui n’enlève en rien au poids de la dette par habitant. Il est d’ailleurs utile de rappeler que l’Observatoire de la dette a remarqué un autre point à ce sujet : votre façon de répartir la dette sur le temps, pour ce qui concerne la CODAH. Si le taux est jugé correct, le fait de lisser sur le temps, en augmentant la durée de remboursement des emprunts, l’est beaucoup moins. En effet, rappelons que l’Observatoire de la dette vous a fait remarquer que la durée moyenne de l’emprunt qui est de 19,2 années dans notre communauté d’agglomération; cette durée est bien supérieure à la durée moyenne des emprunts des intercommunalités françaises, qui est de 14 ans. Ainsi, pouvez-vous me donner le ratio de la dette (ville + CODAH) par Havrais, SVP ?

Enfin, nous savons que l’élaboration du budget est un exercice comptable. Certes. Mais celui que vous nous présenté ici est dénué de toutes orientations politiques au sens noble du terme. Ainsi, on y parle de « stratégie financière » plus que d’orientations politiques dont l’objectif est de servir le plus grand nombre. Ainsi, on ne voit pas ce que vous allez faire concrètement de votre budget, et qui intéresse les Havrais : que comptez-vous faire pour l’emploi ? quelles sommes ? comment ? que comptez-vous faire pour l’école qui va si mal ? construire encore des pôles ? fermer encore des établissements ? que comptez-vous mettre en place pour nos jeunes ? Que comptez-vous faire pour améliorer le bien-vivre ensemble ? Rien, il n’y a rien de tout cela dans ce débat d’orientation budgétaire. L’objectif ultime du politique aujourd’hui est de dégager des marges de manœuvres pour investir dans des projets pour lesquels nous n’avons plus les moyens, ni le besoin, tout en maintenant un équilibre des comptes publics, peu importe le bien-être des administrés, contribuant ainsi à creuser le fossé de plus en plus grand entre le peuple et les politiques. Ce que vous nous proposez contribue à cet appauvrissement de l’action politique, avec les conséquences graves qu’on lui connait.

 

Groupe MUNICIPAL « Pour Une Nouvelle Gauche Au Havre »